06/04/2008

LA PETITE GRAINE

Une graine est tombée de la poche de Papy.

Le sachet de semences a bien essayé de la rattraper,

" Accroche toi à mon papier " lui a crié le sachet

Mais la petite graine toute ronde, n’a pas de mains.

Alors, elle a roulé, roulé, vers le trou de la poche de Papy.

" Que c’est haut ! "  cria t’elle du bord de la poche quand elle vit le sol.

Et elle tomba, tomba…

Elle ferma les yeux, elle ne voulait pas se voir s’écraser sur le sol dur du sentier.

Soudain, sa chute s’arrêta.

" Suis-je déjà sur le sol ? Je n’ai même pas mal ?

Allez, courage, ouvre les yeux " pensa t’elle.

Alors, elle ouvrit les yeux et regarda autour d’elle,

Cela était si doux, si soyeux que ce ne pouvait être les graviers du sentier,

" Mais qui alors m’emporte en me balançant de la sorte ? "pensa t’elle.

" c’est moi ! " répondit une petite voix sous elle.

" Toi ! Mais qui es tu ? " demanda la semence ravie,

" tu m’as sauvé la vie et je te suis redevable de cette aubaine. "

" Je suis l’akène à aigrettes du pissenlit, l’enfant de la maison m’a soufflé et le vent m’emporte au hasard , il finira bien de me déposer.

Veux-tu m’accompagner ? "

" Oh oui !, j’aime ta douceur et le souffle léger du vent. "

 

 

Une petite graine est tombée de la poche de Papy, une akène à aigrettes de pissenlit qui passait par là, l’a emportée dans le souffle du vent.

Ah ce vent ! Malicieux ce vent !

Tourbillons de chaleur de ce joli mois de mai, le vent danse, le vent chante.

Et avec lui la petite graine et son amie, sont à la foire.

Eclats de rire, quand le vent dans un soupir les poussent quelques mètres plus bas et rase un jeune épi de blé.

Eclats de rire encore, quand le vent inspire et frôle la fleur du pommier, fâchée d’être décoiffée.

Eclats de rire toujours quand le vent tel une toupie, entraîne nos deux amies dans une folle farandole, secouant pruniers et cerisiers.

Le vent est fougueux, esprit de sa jeunesse, le vent est heureux, et le vent parcourt des lieues.

Bientôt le jardin est loin, un petit point.

" Ramène nous dans notre jardin, reconduis nous à nos familles " demandèrent en cœur les deux amies.

Et le vent gentil obéit, changement de cap, direction le petit jardin.

La petite graine et son amie l’akène à aigrettes du pissenlit lui montre le chemin.

Le vent, c’est bien connu, n’a pas de boussole, il court au gré de sa fantaisie.

 

 

Une petite graine et l’akène à aigrettes du pissenlit reviennent au petit jardin, emportés par le vent doux courant.

Soudain, le ciel bleu azur s’obscurcit, le petit vent frémit.

L’ombre semble immense à la petite graine, un bruit sourd l’accompagne.

L’akène à aigrettes du pissenlit a compris qu’un danger les menace , le vent aussi.

" Accrochez-vous ! leur crie t’il, j’accélère en bourrasques. "

La petite graine et l’akène à aigrettes du pissenlit rebondissent dans le courant puissant du vent évitant d’un seul coup l’ombre menaçante.

" Qu’est ce que c’est ? " demande en tremblant la petite graine tombée du sachet.

" Une tourterelle, c’est une tourterelle " répond l’akène à aigrettes du pissenlit.

Elle en a vu des tourterelles quand elle était encore fleur capitules jaunes dans la prairie.

" Il ne faut pas qu’elle nous rattrape , tu servirais de dîner à cette affreuse. Vite, vite mon ami le vent, emporte nous vite, je la vois qui reviens . "

Et le gentil vent de freiner sa course, de virer sur la droite évitant ainsi le bec goulu de la tourterelle.

La petite graine, a pu voir le temps d’un éclair l’œil noir de cet oiseau, elle tremble tant de peur, qu’en un instant l’équilibre est perdu, elle tombe, elle tombe…..

Elle est perdue !

Mais le vent, le gentil vent, dans un mini tourbillon revient vers elle et l’akène à aigrettes du pissenlit récupère ainsi la petite graine.

La tourterelle déçue d’avoir raté sa proie s’en est allée chercher ailleurs sa pitance.

Le vent gentil poursuit sa course vers le petit jardin, emportant les deux amies.

La petite graine et l’akène à aigrettes du pissenlit sont heureuses mais si fatiguées de cette merveilleuse balade.

Monsieur Sommeil et Mesdemoiselles Rêves, bordent doucement nos deux amies.

" Chut ! " murmure le vent au-dessus du poulailler, le coq a compris, et les poules aussi, pas un caquètement, pas de cocorico.

Les oies se taisent et laissent passer le vent emportant les deux amies endormies.

La terre est chaude , la terre est douce, en ce joli moi de mai.

Le potager a entendu l’arrivée du vent, la terre s’est préparée, le vent dépose en passant nos deux amies, la terre est fécondée.

Alors le gentil vent reprend sa course, il reste tant de graines à semer.

Nanny 11/04/08

 

Commentaires

merci pour cette belle histoire ... Raconte nous leurs aventures, lorsqu'elles grandiront... espérons qu'elles ne soient pas trop loin l''une de l'autre ;)

Écrit par : adespota | `2008-04-14 à 12.33:41 `

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